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Pour une meilleure expérience, nous vous proposons d’écouter "Les Stentors – Le chant des partisans" durant la lecture de cet article.

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Les origines

Parlez-moi de votre famille

Voilà le cheminement familial:

Son grand-père venait de l’Italie du Nord, artiste peintre, grand et bel homme qui épousa une aristocrate auvergnate (origine qui laissait mon père totalement indifférent).

De cette union naquit Elisa Marguerite, sa mère qui épousa un cheminot. Mon père me disait toujours « on nait aristocrate, on ne le devient pas au bon vouloir d’un roi».

Mon père est né à Firminy dans la Loire le 13 février 1897. Il avait 1 frère et 2 sœurs.

Nous sommes une famille de juristes, il y a des licenciés et docteurs en droit. Son frère Jean-Marie était avocat et avait créé un gros cabinet à Paris rue du Boccador et il était plutôt spécialisé dans les douanes. Un homme très engagé, sauf en politique qui ne l’intéressait pas et aussi d’une grande culture.

Une de ses sœurs, Suzanne était elle aussi avocate et épousa François BAISSETTE qui termina sa carrière comme Président de Chambre à la cour d’Appel d’Aix en Provence.

Dans la famille de mon père, il y a eu des religieux. Le frère de mon grand-père, donc son oncle, était un abbé qui est mort en tentant de sauver une personne tombée dans la Loire. Il plongea avec sa soutane et se noya. Un grand oncle était principal des Jésuites, c’est-à-dire avait le rang d’Evêque.

Mon père était catholique mais non pratiquant et venait d’une famille très pratiquante. Son père faisait parti d’un syndicat catholique. Aux Maquis il laissait chacun libre de ses pensées. Quant à moi, il me fit faire ma confirmation et ma communion et me dit ensuite : « c’est toi qui choisira ».

On en revient toujours à la liberté. Mon père reprenait souvent les paroles de CHURCHILL:

« Tous les hommes raisonnables ont la même religion».

Du côté de ma mère, son père était psychiatre et créa une clinique psychiatrique à Angers, où j’allais en vacances étant enfant. Elle rencontra mon père dans la Résistance, elle fut une des rares femmes a avoir la médaille militaire, ils se sont mariés et ont divorcé. Ensuite, ma mère a été conseillère municipale du 17e arrondissement de Paris et la 1ère femme à être vice-présidente du conseil municipal de Paris.

Puis elle a épousé le Prince Roman SANGUSZKO, grande famille liée aux RADZIWILL et aux KENNEDY par alliance et devint la Princesse SANGUSZKO.

Ma mère vivait au Brésil, ce qui m’a donné l’occasion à plusieurs reprises de faire le carnaval de Rio et de profiter des magnifiques plages de Copa Cabana et lpanéma. Avec un ami anglais Paul, nous arpentions la plage de long en large car le « paysage » en valait la peine. Après mes études en France, je suis allé à San Francisco en étudiant libre à l’université de Berkeley pour passer un MBA (Master in Business Administration).

Pour payer mes études, je travaillais comme« bus boy», c’est-à-dire que je retirais les assiettes bouillantes du lave vaisselle. Parfois je servais en salle et prenais un fort accent français, ce qui me permettait souvent d’avoir un pourboire plus sympathique. Et il m’arrivait de faire des popcorns dans une boutique qui se trouvait sur Market Street.

Puis j’ai travaillé pour une entreprise d’aviation américaine et faisait l’allée/retour très souvent, facilité par cet oiseau qu’était le CONCORDE.

Parlez-moi de l’élargissement de votre famille

Par le pur des hasards, sous un soleil magnifique à Ibiza, mon regard s’est arrêté sur une jolie jeune femme qui s’est avérée être allemande. Nous nous sommes fréquentés et mariés et avons eu 2 filles, dont l’une est devenue chef de cabine à la Lufthansa. La 2e a un avenir plus incertain, car suite à une insolation très sérieuse, celle-ci l’a rendue handicapée, pas physiquement, mais l’a totalement désarmée pour mener à bien sa vie, aussi bien sur le plan professionnel que dans sa vie privée. Pour elle ; « tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil ». Comme dans beaucoup de famille, la vie m’a séparé de ma femme au bout de 13 ans. Celle­ ci est partie avec mes enfants vivre en Allemagne et depuis je suis grand-père. Du reste un de mes petits-fils porte le prénom de Max-Henri, tel que ma fille l’a souhaité en souvenir de Jean MOULIN (Max) et de son arrière-grand-père et il porte une grande affection à celui-ci. Comme mon père le disait, il a combattu le nazisme, mais pas l’Allemagne.

A l’occasion des cérémonies du 11 novembre, alors que Daniel MAYER était Président du Conseil Constitutionnel et venant dans l’Ain pour célébrer le défilé du 11 novembre1943, il dit à ma femme qui ne le connaissait pas et venait le chercher à la gare de Bourg-en- Bresse :

« c’est simple, le plus petit sur le quai, c’est moi ». Mon père me raconta que lors d’une réunion publique Daniel MAVER fut traité de «sale juif» par un membre de l’assistance et celui-ci lui répondit «je vois que vous avez l’air très intelligent, donc pouvez-vous me dire ce que vous avez fait pour ne pas être juif».

Le nom ROMANS-PETIT

Je crois que votre nom à une histoire ? car qui mieux que vous peut en parler.

Beaucoup de gens m’ont posé des questions sur l’origine du nom de ROMANS et voici l’histoire de notre nom tel que racontée par mon père : il prit ce nom de ROMANS car, au cours d’une rencontre, une femme résistante Dédé CHAVANT lui dit « votre vie est un roman» et comme beaucoup de résistants qui avaient un nom de guerre, il prit ce nom de ROMANS. Après la guerre il demandera à Vincent AURIOL l’autorisation de rajouter le noms de ROMANS à celui de PETIT ce qui donna ROMANS-PETIT.

D’ailleurs à ARANC c’est chez Dédé CHAVANT que se trouvait son uniforme de capitaine de l’Armée de l’Air avec lequel il défila à Oyonnax.

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