Préface:
« Certaines œuvres d’imagination ont un caractère de vérité. Par contre, des récits puisés aux sources mèmes du réel, paraissent relever du domaine de la fantaisie, soit parce qu’ils jettent la lumière sur des faits singuliers, soit aussi et surtout parce qu’ils sont présentés sur le mode sonore.
Les oreilles sont lasses d’entendre des hymnes clinquants car la guerre n’est pas une suite continue d’actions d’éclat. En 14-18, le poilu partait parfois en patrouille ou a l’assaut d’une position, mais il s’enlisait de longues semaines dans la boue des tranchées.
Le volontaire de 43-44 était attaqué ou attaquait souvent, mais ses plus durs combats il les soutenait contre le froid et la faim. Sa hauteur morale le tenait éloigné du découragement, l’aide de ses camarades des villes, la complicité des ruraux, lui apportaient un large réconfort.
C’est l’intimité d’une vie inconnue de beaucoup que j’ai voulu faire connaitre. Les faits évoqués, les personnages cités ne sont pas le fruit de imagination, mais de la réalité, Les vivants sont encore pour la plupart dans les bourgs du Valromey, du Bugey, du Jura. Les tombes des morts, toujours fleuries, tout comme les monuments élevés au coin d’un bois, ou sur la place d’un village, sont les preuves indéniables du sacrifice consenti et de la piété de la population.
Seuls des êtres de qualité pouvaient laisser de leur passage une empreinte aussi vigoureuse.«