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Pour une meilleure expérience, nous vous proposons d’écouter "Les Stentors – Le chant des partisans" durant la lecture de cet article.

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Dans l’Ain, la résistance en dehors des Maquis

La Maison d’Izieu

Parlez-moi de la maison d’lzieu :

La maison d’lzieu qui se trouvait dans l’Ain, regroupait une colonie d’enfants juifs encadrée par Sabine ZLATIN et son époux.

Mon père a été extrêmement prudent et a ordonné à ses hommes de ne pas attirer l’attention des allemands afin de ne pas mettre en danger les enfants.

Il a fourni du ravitaillement chaque fois que cela lui était possible. Il a, ce que peu de gens savent, donné de son argent personnel à la maison d’lzieu pour les enfants. Cela m’a été rapporté par plusieurs maquisards et aussi par plusieurs personnes de la LICA, car mon père était membre du comité directeur de la LICA. A l’époque cela était simplement la ligue Contre l’Antisémitisme.

Il faisait aussi parti du Comité de direction de France/Israël (Général KOENIG).

Le mari de Sabine ZLATIN a participé à de nombreuses opérations des maquis, tout en n’étant pas maquisard, et cela au péril de sa vie. C’est pour cela que mon père lui fit une attestation qui permit à sa femme Sabine ZLATIN, d’avoir une retraite décente.


Les communistes

Quelles étaient les relations de votre père avec les Maquis d’obédience communiste?

Mots pour mots, voici ce que mon père déclarait à ce sujet :

«Les relations avec les communistes n’étaient pas très importantes dans l’Ain, car il n’y avait pas plus de 10% de communistes dans les camps. En mars 1944 un bataillon de FTP se met sous mes ordres parce que ROMANS ce sont les armes et le ravitaillement».

Votre père était-il anti-communiste ?

Non, pas du tout, la preuve c’est que nous déjeunions régulièrement avec Serge RAVANEL, grand Résistant, Compagnon de la Libération et communiste. Mon père avait des idées politiques bien différentes (gaulliste social) et cela n’empêchait pas les relations d’amitié et quand nous allions dans l’Ain, nous rencontrions Edouard CROISSY qui était dans les Maquis de l’Ain et communiste. Serge RAVANEL était admiratif des actions de guérilla de mon père.

Mais mon père n’oubliait pas que les communistes étaient rentrés tardivement dans la Résistance (pacte germano-soviétique 1939) et il mettait ex éco Hitler et Staline.

Les communistes lui ont reproché sa collaboration avec les anglais et les américains. Sans les anglais, le Maquis n’aurait pas pu être armé et la France libérée.

Il reconnaissait que si Hitler n’avait pas perdu en Russie, il n’est pas sûr que les américains aient réussi leur débarquement.

En ce qui concerne les américains, mon père avait été très choqué de leur volonté d’administrer la France (AMGOT) et c’est grâce à de GAULLE qui s’empressa d’aller à Paris que cela n’a pas eu lieu.

Mon père leur reprochait leurs bombardements dans l’ouest de la France car ceux-ci bombardaient en altitude pour ne être touché par la DCA, alors que les anglais prenaient des risques énormes car ils bombardaient à faible altitude afin d’éviter les villes et de tuer des civils.

Et il n’était pas anti-communiste, ni anti-américain, il relatait simplement les faits.

Les femmes de la Résistance

Les femmes dans la Résistance dans l’AIN qui ont eu un rôle important.

Bien sûr la 1ère personne qui me vient à l’esprit c’est Jeanne MOIROD. Elle eu un rôle d’agent de liaison important et efficace et reconnue de tous les maquisards.

Elle devint maire d’Oyonnax après guerre. Sa sœur Louise MOIROD fut très active dans la Résistance.

Adée (Renée VUARIN), agent de liaison, elle devint par mariage Mme Jean SIGNORI. Marie-Rose MIGUET, sœur du chef du garage du maquis.

Et aussi Dédée CHAVANT. C’est la personne, qui lorsque mon père cherchait un nom de guerre lui dit « votre vie est un roman» et mon père lui répondit «Voilà mon nom de guerre» et ceci est l’histoire de mon nom. La famille CHAVANT avait toute la confiance de mon père, puisque c’est chez elle que se trouvait l’uniforme de capitaine de l’Armée de l’Air avec lequel il défila le 11 novembre 1943.

Et puis il y eu aussi comme agent de liaison Françoise CHAVOIN qui partagea la vie de mon père pendant quelques années. Elle était du même mouvement Franc tireur que mon père et avait mené de nombreuses actions avec Denise VERNAY née JACOB (sœur de Simone WEIL) et France PEJOT (mère de Jean-Michel JARRE).

Mon père envisageait d’écrire un nouveau livre où il aurait plus particulièrement parlé des femmes dans la Résistance, des douanes, de la gendarmerie et de la police.

Les femmes car elles ont eu un rôle très important et il estimait que celles-ci n’étaient pas suffisamment mises en valeurs.

Les Douanes

Les douanes ont joué un très beau rôle grâce à leur dévouement et à leurs ruses et leurs connaissances des chemins des contrebandiers. «Je dois préciser que j’allais quelquefois en mission à Genève, soit pour accompagner des personnalités, soit pour des missions importantes et je faisais aussi passer certains de mes blessés. Le franchissement de la frontière sous les barbelés n’était pas sans grand danger car si nous avions été arrêtés par une patrouille allemande, notre problème aurait été vite réglé.»

La Gendarmerie

La gendarmerie a eu un très beau rôle (défilé du 11/11/43) et mon père raconte: «Dans l’Ain, la gendarmerie a dans sa quasi-totalité, été dès la naissance de la Résistance Armée, les réfractaires en ont été la préfiguration, notre auxiliaire. J’ai eu son aide vigilante, parfois gite et couvert dans certaines brigades. Hélas ! Quelques-uns ont durement payé et je rends hommage, une fois encore à ceux qui, chargés de nous dépister, plus précisément, de nous arrêter, ont été de très précieux alliés. Un matin, alors que nous rentrions après un coup de main très fructueux sur les dépôts des Chantiers de Jeunesse à Artemare, nous sommes stoppés par une patrouille. Le chef s’avance et nous dit en montrant une boite de sardines échappée d’un de nos camions : Attention, ne faites pas comme le petit poucet, il serait trop facile de vous suivre à la trace. Nos interlocuteurs savaient fort bien d’où nous venions, puisqu’ils avaient été alertés et où nous allions puisque nos camps étaient à dix kilomètres».

Le mystère sur l’arrestation de Jean Moulin

Pensez-vous qu’on saura un jour qui est à l’origine de la dénonciation de Jean MOULIN?

Je pense que d’ici quelques années, les français pourront savoir qui a été à l’origine de l’arrestation de Jean MOULIN chez le docteur DUGOUJON, ami de mon père et qui a laissé sa place à Raymond BARRE comme député.

Il est clair que non seulement René HARDY a été arrêté par les allemands et que sa compagne Lydie BASTIEN était la maitresse d’un officier allemand. Mais René HARDY a eu 2 procès et a été acquitté 2 fois.

Ce que beaucoup de gens ignorent et que j’ai entendu dans la bouche de grands résistants, c’est qu’il y avait un autre participant à la réunion qui avait été arrêté 2 fois par la gestapo. Et comme mon père me le disait souvent : « on ne sortait jamais des griffes de la gestapo, surtout si on avait un rôle important ».

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